Ce qu'on a construit, et ce qui manque
Le chapitre 2 en une page, et la question qu'il n'a jamais posée : qui choisit les paramètres ?
Le chapitre précédent a construit deux réseaux pour la même tâche, un petit et un grand. Qu'est-ce que le grand achète de plus, et à quel prix ?
Ce que le chapitre 2 a construit
Une image de pixels devient un vecteur de nombres compris entre et , sur lequel chaque neurone d'une couche calcule une somme pondérée des activations qui le précèdent, plus un biais, avant qu'une fonction non affine ne s'applique au résultat. La dernière couche compte dix neurones, un par chiffre, et transforme leurs dix scores en une loi de probabilité sur les dix classes : le plus actif des dix est la réponse du réseau. Sa valeur n'est pas une confiance, et le chapitre 2 l'a montré page 11.
Les deux architectures du chapitre 2, et leurs comptes
| Architecture | Détail du compte | Précision de test | |
|---|---|---|---|
On appelle l'ensemble de ces nombres, et il se range en quatre blocs : les deux matrices et , les deux vecteurs de biais et . Les quatre ne pèsent pas le même poids, et la conséquence occupera la page 10 : corriger et corriger ne sont pas deux gestes comparables.
Le réseau occupe tout l'écran : à gauche une grille carrée de vingt-huit cases sur vingt-huit, puis trois colonnes de ronds vides reliées par deux nappes de traits très pâles, et à droite une colonne de dix ronds portant chacun son chiffre, de zéro à neuf. Les deux premières colonnes sont abrégées par des points de suspension, avec une accolade qui porte leur taille vraie, sept cent quatre-vingt-quatre et cent vingt-huit. La grille se remplit du dessin d'un chiffre manuscrit en niveaux de gris. Ses cases encrées se détachent alors une à une et filent vers la colonne d'entrée, dont les ronds se remplissent d'encre à mesure. Une vague de brique traverse ensuite la première nappe de traits, de gauche à droite, et la colonne du milieu se remplit derrière elle, très inégalement : certains ronds deviennent presque noirs, beaucoup restent vides. La même vague traverse la seconde nappe, et les dix ronds de sortie se remplissent à leur tour. Aucun ne s'impose : le plus foncé l'est quatre fois plus que le plus pâle, là où un réseau entraîné en noircirait un seul et laisserait les neuf autres presque vides. Le plus rempli d'entre eux voit enfin son contour passer à la brique, et ce n'est pas celui du chiffre dessiné dans la grille.
Ce qui manque
Chaque nombre cité au chapitre 2 sortait d'un réseau déjà entraîné : le gabarit du dont le minimum tombe en , les neurones allumés sur l'image de test n°0, la précision de , les erreurs. Le chapitre l'a dit à chaque fois, et il n'a jamais dit comment ces nombres avaient été obtenus.
Il n'a pas non plus dit d'où venaient la largeur , le taux et les lots de , ni ce que fait perdre à la perte, ni ce que coûte le fait que ne dépasse jamais . Six questions en tout, et le tableau de la page 1 dit où chacune se règle.
Quatre notations d'indice, dont deux qui se ressemblent
| Écriture | Ce qu'elle désigne | Ce qu'elle n'est pas |
|---|---|---|
Le -ième exemple du jeu | Une puissance | |
La couche du réseau | Ni une puissance, ni un exemple | |
La valeur de à l'itération | Une composante de | |
La -ième composante de | Une itération |
Les objets du chapitre 2 sont donc en main, et le procédé qui choisit manque toujours. Avant de le construire, il faut dire ce qu'on lui demande.